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Sarah Leedam: Créatrice de mode féminine à Barfleur

Sarah Leedam: Créatrice de mode féminine à Barfleur

1. Quelle est l’activité de votre entreprise?
Je suis de nationalité britannique et je vis dans le Cotentin depuis 5 ans. J’ai ouvert en juin dernier Pink Sarah à Barfleur, un magasin de prêt-à-porter et de vêtements sur mesure pour femmes. Je conçois et fabrique tous les vêtements dans mon atelier au-dessus du magasin. Le style de Pink Sarah est original avec des éditions en séries limitées. Ma clientèle est assez variée, avec une clientèle locale mais aussi une clientèle étrangère de passage.

2. Comment avez-vous monté votre projet?
Sur les conseils de la Pépinière d’Entreprises, je me suis inscrite à l’Evaluation Préalable à la Création d’Entreprise avec l’ANPE. La Pépinière m’a suivie pendant et après l’EPCE pour finaliser mon projet. En tant qu’artisan, j’ai également effectué le stage obligatoire de préparation à l’installation (5 jours).

3. Quels obstacles avez-vous rencontré avant la création?
Du fait que je sois britannique, j’ai éprouvé quelques difficultés à comprendre le système de sécurité sociale qui est assez complexe. Je n’avais par ailleurs aucune idée des différentes aides disponibles pour les créateurs d’entreprise. Enfin j’ai du constituer un dossier de création complet pour présenter aux banques (étude de marché, prévisionnel d’activité). Je n’avais jamais fait d’étude de marché auparavant et encore moins en français! La Pépinière m’a guidée pour franchir toutes ces étapes.

4. Avez-vous bénéficié d’aides à la création?
La Pépinière m’a suggéré de présenter mon dossier à Entreprendre En France. L’avis favorable de ce comité m’a permis d’obtenir un prêt d’honneur de € 2000 avec le Crédit Agricole. Je n’ai pas pu bénéficier de l’exonération de charges sociale la première année (ACCRE), car je voulais lancer mon entreprise à temps pour l’été. En tant que demandeur d’emploi non indemnisé, il m’aurait fallu être inscrite au chômage pendant 6 mois avant de pouvoir bénéficier de cette aide.

5. Comment se sont passés vos contacts avec les banques?
J’ai présenté mon projet à deux banques avec un dossier complet. J’avais travaillé sur un chiffre d’affaires prévisionnel avec mon comptable ; ce chiffre était assez pessimiste mais réaliste. Les deux banques étaient enthousiastes envers mon projet. J’ai finalement choisi le Crédit Agricole, car il y avait une agence à Barfleur, ce qui était plus pratique.

6. Comment vous êtes-vous fait connaître?
Mon emplacement sur le port de Barfleur m’amène beaucoup de clients, même sans faire de publicité. A l’ouverture de la boutique, j’ai eu beaucoup de mal à faire face à la demande, car je n’arrivais pas à produire suffisamment. Alors lorsque j’ai été contactée par la presse locale, je leur ai demandé de repousser la publication de l’article de quelques semaines!

En août, environ 6 semaines après l’ouverture, des articles très positifs sont parus dans La Presse de la Manche, La Manche Libre et Ouest France. J’ai également fait l’objet d’un grand article dans « French Connection » un journal de la communauté anglophone en France. La Presse de la Manche, en particulier, a attiré de nombreuses clientes dans la boutique. Je reste toutefois convaincue, que le bouche-à-oreille est la meilleure publicité pour moi, et cadre parfaitement avec la nature intime du magasin et du sur mesure.

7. Quelles difficultés avez-vous rencontré au lancement de votre activité?
Mon plus gros problème a été l’“Inconnu” – j’ai eu beaucoup de mal à planifier mon stock, car je n’avais pas d’idée précise des ventes que je pouvais réaliser. J’ai eu beaucoup de surprises – des bonnes et mauvaises! Pendant l’été, j’avais décidé de rester ouverte 7 jours sur 7. Avec le recul, ce n’était pas raisonnable : je me suis épuisée entre la vente et la fabrication, et j’ai dû fermer quelques jours en août pour récupérer, or la ville était pleine à craquer de clients potentiels!
Je suis maintenant mieux organisée. Hors saison, j’ouvre le magasin le vendredi, samedi et dimanche. Le reste du temps, je réalise mon stock, les commandes de sur mesure et les rendez-vous avec les clients.

J’avais également investi dans la création d’une boutique en ligne, mais je n’ai pas poussé ce moyen de vente, car j’ai déjà trop de travail. Je préfère attendre et voir quand je serai en mesure de faire face à l’augmentation des commandes. Je ne veux pas encourager les gens à commander en ligne, pour ensuite de ne pas être en mesure de remplir leurs commandes.

8. Quels conseils donneriez-vous un à créateur?
Je conseillerai à quiconque ayant un projet de création d’entreprise, en particulier les anglais, de se faire accompagner tout au long de leur projet par un conseiller en création d’entreprise. Je voudrais également conseiller aux créateurs anglais, de travailler pour améliorer leur niveau de français, afin de comprendre et de se faire comprendre à tous les stades de la création.

9. Quel bilan faites-vous après 6 mois d’activité?
Je ne suis en activité que depuis 5 mois, mais je suis déjà agréablement surprise par mon chiffre d’affaires. J’ai dépassé mes prévisions pour chaque mois et je pense pouvoir améliorer la situation l’année prochaine. J’ai maintenant une bien meilleure idée du stock dont j’aurai besoin pour la saison estivale.

10. Et si c’était à refaire?
Avec le recul, je n’aurais pas travaillé 7 jours sur 7 pendant tout l’été, au point de me pousser à l’épuisement physique, mais je ne pensais pas avoir le choix – C’était ma première saison et la pression de réaliser mon chiffre d’affaire mensuel était là !